Michel Didym, le fondateur de la Mousson d’été (festival européen consacré à la promotion des auteurs et des textes contemporains), en auteur, en tant que metteur en scène, comme acteur aussi, ne pouvait pas, parce qu’il aime les mots et les textes, ignorer Desproges. Entre un Beckett, Botho Strauss, Schnitzler, Koltès, Valetti, Hanoch Levin (dont je me souviens encore, un soir à la Comédie de Caen, à la belle époque de Dubois) que Didym a mis en scène… Desproges est comme un type avec qui le Directeur du Théâtre de la Manufacture dialogue. En 2003, tout d’abord, avec Les animaux ne savent pas qu’ils vont mourir. Une première mise en scène où la compagne de Pierre Desproges l’épaule dans l’œuvre inachevée qu’a laissée Monsieur Cyclopède. Puis à la réouverture de la Manufacture, en 2011, Michel Didym, en compagnie de deux grandes actrices ( Christine Murillo et Dominique Valadié) créera Chroniques d’une haine ordinaire[1]. Du nom que Desproges avait choisi pour animer quotidiennement les ondes de France Inter, de février 1986 à juin de la même année, sur un jingle de Paolo Conté. Avant de mourir d’un cancer le 18 avril 1988. Ou quand Desproges, ponctuant ses Chroniques, finissait par « quant au mois de mars, je le dis sans aucune arrière-pensée politique, ça m’étonnerait qu’il passe l’hiver »…En janvier au Théâtre du Jeu de Paume, on entendait Desproges encore.