Le festival d'Avignon, c'est bien entendu les spectacles qui fourmillent, qui se multiplient, qui s'affichent. Mais ce sont aussi les rencontres et débats autour du théâtre et des arts de la scène. Cet art là qui se questionne sans cesse sur ce qu'il est, ce qu'il devrait être, ce qu'il devient. Évidemment les metteurs en scènes, les chorégraphes tentent à travers leurs esthétiques, leurs exigences, leurs propositions de donner les directions vers lesquelles ils emmènent leur art. Mais c'est un art au présent, qui a besoin pour circuler de paroles, de dialogues, de définitions. Ces rencontres, ces débats sont un lieu où se manifeste cette nécessité de mots, ce besoin de parler, de dire même pour rien mais avec la volonté en tout cas de dialoguer et surtout il s'agit de faire histoire, pour donner une existence au-delà de la scène. Ça existe puisqu'on en parle, et ces paroles sont nécessaires pour défendre les arts vivants et leur éphémère réalité. C'est en parlant, que La classe morte de Kantor, le Café Müller de Pina Bausch, La Mère de Brecht continuent à exister et à être des références ou des « modèles ».
Ce quinze juillet après midi, où la chaleur écrasait ceux qui se risquaient dehors, la fraîcheur du conservatoire était là pour accueillir un débat public. Ce débat avait pour titre :
Le metteur en scène et l'auteur : un tandem à l'épreuve du temps ? et pour sous titre comment une Å“uvre se construit-elle à deux : des rencontres dans quelles circonstances ? quelles méthodes de travail ?