L’insensé Scènes Contemporaines

Site de critiques sur les arts de la scène

Critiques

The Great Tamer, l’ode à se rétamer

The Great Tamer, Dimitri Papiouannou, La Fabrica, Avignon 2017

Le rire facile et stéréotypé à propos du « grandir »…

Les Grands, texte de Pierre Alferi, mise en scène de Fanny de Chaillé. Théâtre Benoît-XII, Festival d’Avignon 2017.

La fille de Mars… et l’ennui (du) mortel

La Fille de Mars, Jean-François Matignon, Avignon

Les Grands à hauteur d’enfance

Les Grands, de Sophie de Chaillé sur un texte de Pierre Alféri, Avignon 2017

Bestie di Scena, Emma the Best.

Besti di Scena, Emma Dante, Gymnase Aubanel, Avignon 2017.

Bildraum : la chambre du regard

Bildraum par Charlotte Bouckaert et Steve Salembier, Patinoire de la Manufacture jusqu’au 26 juillet, Avignon off

Fantazio, le corps-voix de l’homme déformé

Histoire intime d’elephant man de 1981 à 2012, écrit, conçu et interprété par Fantazio. Manufacture, Festival d’Avignon Off 2017.

The Great Tamer, un monde à rêver

The Great Tamer par le chorégraphe Dimitris Papaioannou, La Fabrica du 19 au 26 juillet, Festival d’Avignon

On aura tout, ou le partage du commun

On aura tout, Christiane Taubira et Anne-Laure Liégois, Festival Avignon 2017








Édito | Juillet 2017


Dans la chaleur d’Avignon 2017 et les ténèbres du moment


Avignon toujours recommencé. Et avec le festival, les hurlements des cigales et le piétinement des festivaliers (ou inversement), cette cérémonie du spectacle qui rivalise avec la célébration du commun. Au milieu, où trouver des espaces de conflit (de pensée) ?

Marchant dans une même ville, d’un même pas, dans une même direction, nous sommes d’un même espace et d’un même temps : faudrait-il que fatalement nous partagions également de la vie ses résignations et de l’art ses réponses ? Serions-nous, irrémédiablement, contemporains d’une même époque, d’un même monde ? Si c’est pour partager — ce geste si violent qui met en pièces, sépare, tranche dans le vif des choses – que nous sommes là, alors que le partage soit cette rupture au sein du temps, et cette violence opérée dans l’ordre du réel.

Contemporain, le mot français ne dit rien : en allemand, il paraît qu’il se prononce Zeitgenössisch : « camarade du temps. » Puissions-nous être au nom de ce nom, insensément camarades de ce temps (sa brûlure, sa laideur, ses outrages commises au temps) : ce serait le programme de l’Insensé pour les jours à venir, ceux qui vont passer sur nous comme autant de liens à trancher.

Au milieu des spectacles, chercher la brûlure, non pour la trace qu’elle laisserait, mais pour le mouvement de retrait qu’immédiatement elle suscite, et qui nous rend soudain à notre corps, à notre puissance. Exigeant tout, il est possible que nous sortions des spectacles plus dépouillés encore : mais c’est pourquoi nous allons voir, et exiger davantage du théâtre, s’il en est encore.

Cette phrase d’Agamben, enfin, pour ne pas finir :

« le contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau de ténèbres qui provient de son temps […] C’est comme si cette invisible lumière qu’est l’obscurité du présent projetait son ombre sur le passé tandis que celui-ci, frappé par ce faisceau d’ombre, acquérait la capacité de répondre aux ténèbres du moment ».