Flavien ou de la bêtise
Critiques, Malte Schwind

Flavien ou de la bêtise

Flavien se joue au Théâtre du Train Bleu à 15h20. Mais on peut rien en dire. Par Malte Schwind.

Flavien s’est donné à voir comme une parodie d’un one man show, une parodie de lui-même, une parodie de la parodie. Et on aurait peut-être pu faire l’expérience d’un trouble produit par cet anti-spectacle, s’il n’y avait pas eu deux ou trois spectatrices qui devaient manifester bien fort le fait qu’elles trouvaient bien drôle les choses les plus bêtes. C’était caricatural. Il était impossible de sortir de l’emprise de ces rires stridents à chaque mot et tout est enfermé dans cette réception. Même quand un enregistrement d’un one man show avec des blagues pourries et des rires débiles est projeté dans la salle noire, elles n’entendent pas leur propre bêtise. Rien à faire. Elles auraient mieux fait de se branler sous la douche à moins qu’elles n’étaient des complices de Flavien, car elles voulaient rire et avaient décidé, avant même de voir quoi que ce soit, qu’elles allaient rire. « Puisque de toute façon, tout le monde se branle ici. »

C’est dommage car il y avait peut-être quelque chose derrière la négation de tout spectaculaire, derrière l’affirmation d’une bêtise insondable. Il y avait même une violence derrière la naïveté, et ce qui semblait comme des blagues idiotes aurait peut-être pu devenir réellement gênant et une critique de cette bêtise et ce monde narcissique. Mais Flavien était pris par son propre piège et les deux spectatrices devaient manifester leurs narcissismes d’être bien entendues. Et voilà comment des spectateurs puisse foutre un spectacle en l’air.

21 juillet 2019

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Je suis obsédé par l’insensé, je suis obsédé par la multiplicité.
Didier-Georges Gabily

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